On les cite très peu et pourtant ils ont bel et bien peuplĂ© les contes oraux de nos aĂŻeux : ces lutins Ă©lĂ©mentaires parcouraient nos forĂŞts jadis…

Il Ă©tait une fois, dans la petite forĂŞt de Montoie, nichĂ©e au cĹ“ur du Jura bernois, rĂ©sidait une crĂ©ature mystique et capricieuse : le Joulla. Ce lutin malicieux, tantĂ´t farceur, tantĂ´t malveillant, s’amusait Ă  semer le trouble chez les hommes et les animaux.

Selon les dires des campagnards, il apparaissait sous la forme d’un feu dansant dans les bois, suivant les voyageurs Ă©garĂ©s et faisant frissonner les plus tĂ©mĂ©raires. Ainsi, peu osaient s’aventurer seuls dans cette forĂŞt enchantĂ©e, oĂą l’ombre du Joulla planait telle une menace invisible.

Loin de lĂ , dans l’Argonne, un autre peuple fĂ©erique peuplait les sous-bois nocturnes : les hannequets. De petite taille, ils parcouraient les sentiers sylvestres, coiffĂ©s d’un chapeau flamboyant, telle une Ă©toile rougeoyante au-dessus de leurs tĂŞtes. Ils Ă©voluaient avec agilitĂ© et lĂ©gèretĂ©, effleurant les feuillages de leur passage, dans une chorĂ©graphie fantastique qui fascinait les rares humains qui avaient la chance de les apercevoir.

Plus Ă  l’ouest, en Basse-Bretagne, des nains mystĂ©rieux hantaient les bois et les clairières. Ils Ă©taient connus sous le nom de Kornikaned, car ils portaient de petites cornes Ă  leur ceinture, avec lesquelles ils chantaient des mĂ©lodies envoĂ»tantes. On les entendait parfois dans la brume, comme des murmures lointains qui transportaient ceux qui les Ă©coutaient vers des contrĂ©es fantastiques et insoupçonnĂ©es. D’autres encore, comme les Poulpicans, se divertissaient en sonnant des clochettes pour Ă©garer les petits bergers qui cherchaient leurs chèvres.

Ainsi, d’un bout Ă  l’autre de la France, les lĂ©gendes et les mythes se succĂ©daient, rĂ©vĂ©lant une richesse et une diversitĂ© incroyables.

Toutes ces crĂ©atures fantastiques vivaient en harmonie avec la nature, habitant les bois et les forĂŞts avec une grâce et une Ă©lĂ©gance qui les rendaient mystĂ©rieuses et fascinantes. Nul ne savait ce qui les animait, mais tous savaient qu’il valait mieux les respecter, car leur courroux Ă©tait terrible et leurs punitions impitoyables. Les bois et les forĂŞts de France Ă©taient un monde magique et mystĂ©rieux, oĂą la beautĂ© cĂ´toyait le danger Ă  chaque pas.

Source : Croyances, Mythes et Légendes des Pays de France, P.Sébillot Illustrations générées par Midjourney

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